Le premier Noël

 

A l’intérieur d’une arche, un homme à la peau très pale et vêtu d’une combinaison orange discutait avec une immense larve.

–          « Sagard, j’ai l’impression que nous sommes les derniers de cette expédition. Heureusement que les techniciens ont terminés la transformation des vaisseaux en Arche ! Nous avons douze points d’entrée sur toute cette planète, reliés par les conduits de fluides et les plaques de transports.

–          Oui mais mon fluide augmente, je vais bientôt mourir, répondit Sagard.

–          Il te faudrait plus de gens pour te drainer.

–          Quelle est la population de cette planète ?

–          Primitive au mieux. Quand je suis allé les voir, ils m’ont considéré comme un dieu tombé du ciel. Ils viennent tout juste de découvrir le feu.

–          S’ils savaient, Arbistan, que tu es le pire criminel de cette expédition !

–          Oui, une idée lumineuse du conseil interplanétaire : envoyer des équipes de scientifiques et des geôliers sur des planètes peu habitées. Les scientifiques pillent les ressources de la planète qui, une fois vidée, servira de prison à des détenus qu’on veut voir loin de chez soi. C’est une bonne idée ! sauf quand tu oublies d’analyser l’air de la planète et que toute ton expédition se fait soit dévorer par des bêtes géantes qui pullulent à l’est du continent, soit meurt d’une épidémie suite à une allergie due à un composant de l’atmosphère.

–          Tu sembles immunisé contre cette allergie.

–          Je suppose que c’est la constitution de mon espèce mais qu’en sais-je ? Les anges de la galaxie ont décidé que mon peuple était dangereux. Sans doute car il pillait lui aussi les planètes et leur faisait de l’ombre.

–          Les anges de la galaxie ont permis à mon peuple de vivre plus longtemps.

–          Oui c’est vrai. Mais en étant enchainés à des vaisseaux ou à des arches.

–          Nous sommes des larves, nous déplacer est une épreuve terrible.

–          Je vois ! inutile de discuter, ils vous oppriment mais vous permettent de vivre plus vieux et de voir le cosmos.

–          Un mal pour un bien.

–          Et pour mon peuple, quel est le bien ? si je ne me trompe pas, je suis le dernier de mon espèce et je n’aurais pas de descendance autrement que par l’enfantement.

–          Qu’est ce que l’enfantement ?

–          C’est un procédé de fécondation de mon peuple qui permet d’avoir des enfants sans accouplement.

–          Intéressant. Ton peuple est capable, comme les anges, de puiser le fluide de la vie.

–          Oui, c’est comme cela que je me nourri en toi et que je t’aide à te vider de ce poison que ton propre corps sécrète.

–          J’ai une idée qui pourrait nous aider tous deux.

–          Je t’écoute.

–          Voilà : si cette population primitive est proche de toi et te considère comme un dieu, alors, exige un tribu de 16 enfants. Tu donneras le pouvoir à douze d’entre eux, à qui tu attribueras des taches précises, les 4 autres seront les gardiens des enfants qui te nourriront.

–          Je vois mais comment cela va te sauver toi ?

–          C’est simple : tu enfanteras chacun de ces enfants et les douze patriarches seront chargés de développer leur civilisation. Ils auront besoin d’aide, et chacun de leurs descendants aura accès à la source de vie. Tes quatre protecteurs auront accès à la source eux aussi, et seront choyés comme des dieux. En échange, ils devront se sacrifier pour toi.

–          C’est intéressant.

–          Il faut retrouver l’arche médicale et m’y enfermer, me relier au système d’irrigation des temples. Tu en attribueras un à chacun des douze.

–         Et moi quelle sera ma tache ?

–          Tu devras réguler la vie de ce peuple et t’assurer du bon partage du fluide.

–          Je pense que notre vie va être simplifiée et que je vais aimer cette planète.

–          Quel âge as-tu ?

–          J’ai 37 ans.

–          C’est vrai que Dieu à 37 ans, ce n’est pas si mal. »

 

Ainsi fut fait. La première génération d’enfants fut prélevée de tribus.

Le vampire avait fait sont choix : six filles et dix garçons.

Il prit quatre garçons pour le servir. Ils seront mis à l’écart du monde sur une petite île, appelée Avalon.

Il leur offrit de nombreux pouvoirs, mais leur expliqua que, devenus adultes, ils seraient remplacés par d’autres. Il leur cacha que leur paradis durerait dix ans et, qu’ensuite, ils seraient sacrifiés et qu’une nouvelle génération prendrait leur place.

Le rôle le plus important fut décerné à une jeune fille, la petite Aoline, qui devint la première prêtresse de la vie. Elle serait en charge du lac de fluide et de l’unité médicale du complexe d’Arche.

Les humains n’étaient pas seuls sur cette planète, il y avait des monstres physiques mais aussi des monstres mentaux, communément appelés démons. Il nomma un des garçons, Karzac, dresseur de monstres et, grâce à l’arche de gestion de la faune, l’enfant appris rapidement à tuer les monstres ou à les enfermer dans des artefacts sphériques.

L’Ancien nomma une jeune fille à l’élimination et la domestication des démons. Ce fut la jeune Perséphone qui prit ce rôle. L’Ancien remarqua que les filles avaient de plus grandes dispositions contre les démons et qu’inversement, leur fluide les rendait facilement repérables aux monstres physiques. Il émit donc sa deuxième loi : seules les filles seraient invocatrices et seuls les garçons seraient dresseurs.

A l’aide des sphères d’apprentissage, il leur apprit à tous à lire, écrire et utiliser les plaques de transports et les éléments communs à toutes les arches.

Pour deux d’entre eux, Davinci et Ogma, il leur donna pour charge l’accumulation des connaissances et leur conservation. Ainsi le premier prit ses quartiers dans l’arche laboratoire et le deuxième dans l’arche des archives.

L’un des enfants, le taciturne, fut chargé de la nécropole, C’est le dernier qui aurait vraiment du travail, car il serait chargé d’apporter une mort hygiénique et un repos éternel à ses confrères. Sa première tâche sera certainement d’enterrer les quatre premiers servants du vampire.

Il restait encore six postes à pourvoir.

L’un d’eux serait le sang royal, le gardien des traditions et le représentant des douze auprès de l’Ancien. Il ferait office de dirigeant pour le reste des hommes. Ce fut Bram qui prit ce poste.

Si Bram édictait les lois, il allait falloir une jeune fille pour les faire respecter. C’est Libra qui prit ce rôle.

Il restait quatre postes que le Samadovar donna aux quatre enfants qui avaient le moins suivi leur formation et n’avaient pas trouvé d’aptitude particulière. Ils furent chargés de la protection de quatre temples qui enfermaient quatre démons élémentaires. Leurs pouvoirs, alliés au fluide de la source, permettaient de nouvelles combinaisons qui amélioraient la vie de tous.

Les enfants avaient grandis et chacun se préparait à sa nouvelle tâche. Le fluide prélevé par dix sept personnes avaient permis à Sagar de survivre. Mais il fallait passer à l’étape supérieure.

La population fut réunie devant l’arche administrative, qui se situait sur le continent le plus au nord. Déjà, des nomades avaient commencé à créer de petites habitations près des arches du continent nord, ce dernier n’étant pas peuplé de créatures dangereuses.

Les douze enfants furent présentés aux peuples. Chacun montra ses talents et l’Ancien, accompagné de sa garde, expliqua que ces enfants seraient également des dieux.

Chacun put se choisir un époux ou une épouse et fonda ainsi une famille. Puis ils furent chargés de former douze nouveaux adeptes qui partiraient de part le monde, afin d’enseigner et de prodiguer leur savoir. Mais les arches ne faisaient pas tout et ils auraient aussi besoin de serviteurs. Il fut donc décidé que le peuple serait divisé en deux. D’un coté les élus qui vivraient dans les temples pour suivre l’enseignement des dieux, et de l’autre, les belladones qui serviraient les élus en échange de leur protection et de leurs services.

Les premières villes apparurent. Toutes s’implantèrent sur le continent du nord, qui fut baptisé Sourtha car il était l’écrin de la source nourricière.

Pendant des années, le royaume de Sourtha devint de plus en plus prospère. Les temples apportaient savoir et technologie. Les familles des douze se développèrent et, à chaque fois, selon le temple, la fille ou le fils ainé prenait la tête de la famille. Ses frères et sœurs fondaient une communauté d’élus et prenaient la direction d’une ville.

L’évolution de Sourtha s’était faite en goutte d’eau à partir des six temples qui se trouvaient sur le continent. Les nomades, comprenant rapidement que la protection se trouvait autour des temples, s’y installèrent en petits villages.  Puis l’extension des villages se faisait vers l’extérieur.  Les élus qui ne pouvaient rester au temple principal fondaient des minis temples, afin de permettre aux populations éloignées d’avoir accès à leurs services.

Vingt générations de protecteurs de l’ancien s’étaient succédé, et maintenant la civilisation de Sourtha était florissante. La classe des dresseurs avait même réussi à domestiquer les dragons qui peuplaient la partie septentrionale du continent central, une immense chaine de montagne. C’est là que l’Ancien avait amélioré la dalle de transport qui s’y trouvait. A part avec un code que seul lui et ses porteurs connaissait, il était impossible de venir à la grotte. Par contre, on pouvait aller vers n’importe quelle arche. Cette dalle était la seule par laquelle on pouvait se rendre sur Avalon, les autres accès étant fermés.

Au bout de tout ce temps, l’Ancien avait du mal à comprendre ce qui pourrait ne pas marcher. Sagard n’avait plus de problèmes, car la demande en fluide était identique à sa production. Le poison partait de son corps aussitôt qu’il était créé vers un lac, le lac de vie. Là, il était dilué et redistribué vers les différents temples. Il alimentait aussi le réseau des dalles de transports.

L’ancien passait désormais son temps sur Avalon. Il n’allait sur le continent que pour rechercher de nouveaux porteurs, tout en sacrifiant les anciens pour les cérémonies royales (mariages, décès, nominations).

 

C’était le premier âge d’or de Sourtha : il dura encore dix générations de porteurs. Mais un matin, l’Ancien remarqua que son miroir, qui lui permettait de voir tout ce qui se passait sur Orobolan, s’était terni. Les porteurs lui firent remarquer que les pouvoirs ne marchaient plus. Bref, il se passait quelque chose d’anormal !

La dalle de transport était elle aussi défaillante. L’ancien dû se résoudre à sacrifier deux porteurs. Il vida le premier de son énergie, ce qui lui permit de faire fonctionner la première dalle, et le deuxième lui permit d’accéder au temple de la vie.

Il apprit de la grande prêtresse que le lac était redevenu de l’eau, qu’il n’avait plus aucun pouvoir.

L’ancien, qui n’avait plus que deux porteurs, s’inquiéta.

Le soir venu, la foule s’était déjà massée sur la place entre le temple royal et celui de la vie.

Il n’y avait pour le moment que les Elios, le peuple élu, soit quelques trois cents personnes. Mais l’Ancien craignait que, s’il ne trouvait pas la solution à son problème, les autres viendraient en masse et là, cela ferait plus de 200 000 hommes en colère. Ce serait difficile à gérer.

Il décréta que, suite à un manque de foi, le lac s’était asséché. Mais une fois la colère de l’esprit du lac apaisée, le fluide source de toute magie reviendrait à la normale. Il exigea deux nouveaux porteurs et il se réfugia dans le temple de la vie où il fit une réunion avec les douze patriarches. Là, il annonça qu’il allait, pour calmer la foule, sacrifier douze enfants. Chaque famille donna le sien, pas l’ainé, bien sûr, car il était trop important, et, pour certains, en fin de formation. Mais chacun donna un de ses enfants, ou un cousin, que l’on alla chercher dans les familles des troisièmes oncles, qui n’étaient plus en charge que de temples mineurs ou pas de temple du tout. Si fait qu’après les cadets de cadets de cadets étaient quasiment au rang des gens du peuples.

L’Ancien se rendit dans une pièce secrète, qui se trouvait accessible via un digicode, technologie qu’il avait pris soin de cacher aux mortels. Il trouva Sagard inanimé : la larve semblait froide et, malgré les exhortations du vampire, rien n’y fit. L’ancien pilote ne répondait pas. L’ancien s’inquiéta, le poison avait-il quand même fait son œuvre, après tout ce temps ? Une semaine passa et le roi actuel commença à demander des comptes. L’Ancien réunit le conseil et indiqua que l’esprit du lac était en sommeil et qu’il savait que certaines familles n’avaient pas donné un sacrifice assez grand au lac. Cette fois, les ainés furent désignés et sacrifiés. Un mois se passa. Et l’ancien découvrit que la larve du pilote évoluait : elle se recouvrait d’un tissu impénétrable mais doux comme de la soie. Par contre, un simple fil tendu pouvait couper le métal le plus pur. Le pilote ne sécrétait, par contre, plus aucun fluide.

Un mois de plus passa. Le roi n’avait plus confiance en l’Ancien et proposa que les porteurs soient sacrifiés : vu que c’étaient des dieux eux aussi, cela plairait à l’esprit du lac. Le vampire fut mis aux arrêts dans les cachots du temple royal. Et désormais, le roi avait tout pouvoir pour diriger l’empire. L’ancien fulminait car, dans ce cachot humide, il ne pouvait se nourrir que de rats, et ne pouvait plus trouver de solution. En plus, sans le fluide et l’apport du sang enfantin, il recommençait à vieillir.

Un mois passa encore. Le roi fit sortir l’Ancien, et annonça que, pour apaiser l’esprit du Lac, il faudrait un sacrifice unique : celui de l’Ancien, le porteur de voix de l’esprit du lac.

L’ancien fut baigné par les prêtresses de la vie. Puis, on le para d’atours royaux et il fut amené en place publique. Là, les élus étaient tous réunis. Mais aux portes de la place, une foule de belladones s’était amassée pour jouir du spectacle.

Le vampire avait sa tête sur le billot, et le bourreau, un dresseur, se tenait prêt. Soudain, un immense bruit se fit dans le temple de la vie, et un être humanoïde, mais à la peau verte luminescente, sortit du temple et avança sur la place. Le bourreau recula. L’ancien reconnu l’aura du pilote. Mais jamais il n’avait vu un amariel prendre une telle forme. Sagard était maintenant à côté de son ami.

–          « Traduis pour moi » lui demanda-t’il dans son esprit.

L’ancien se releva et fit signe au garde de le détacher. Puis il s’adressa à la foule.

–         « Mes amis, voici l’esprit du lac. Par ma bouche, il vous prie de l’excuser des mois difficiles que vous avez passés. Mais cette épreuve était nécessaire, afin de terminer sa transformation vers le dernier palier de conscience, et enfin, garantir au lac sa pleine puissance. L’accroissement de la demande, et les tricheries de quelques-uns des patriarches, ont fait que la demande était trop forte et la transformation nécessaire. C’est fait, à présent, et la grande prêtresse peut aller nous confirmer que le lac a repris sa fonction. »

La grande prêtresse se retira. Une servante revint confirmer que le lac avait repris sa couleur et sa fonction.

–          « tu brodes pas mal, dit l’esprit du lac.

–          Je sais, mais il faut bien impressionner le peuple qui est là.

–          Tu n’es que vanité. »

L’Amariel redescendit dans le lac

L’Ancien, lui, n’avait pas fini.

–         « L’esprit a été mécontent que des enfants innocents aient été sacrifiés. Des patriarches ont triché en donnant un autre enfant lors du premier sacrifice. Et nul, même pas moi, n’a le droit d’intenter à la vie d’un porteur. Pour cela, je vais prendre le pouvoir absolu, le temps que douze enfants, que je vais désigner, soient formés et deviennent les nouveaux patriarches de Sourtha. Je demande pour m’assister l’aide de quatre nouveaux porteurs. Quand aux patriarches actuels, l’esprit du lac a réclamé leur sacrifice. »

 

Le soir même, l’Ancien, après avoir déposé les porteurs en Avalon, se rendit dans le temple de la vie et retrouva Sagard.

–         « Tu n’as pas pu t’empêcher de te venger !

–          Comment voulais-tu que je pardonne un tel affront ? Et puis comme cela, les nouveaux patriarches te seront dévoués : ils t’auront vu. Je vais décréter que ce jour est celui du sauveur, et que pour le célébrer, les familles devront s’échanger des cadeaux et décorer un arbre en ton honneur.

–          Tu essayes de te racheter ! les sacrifices d’enfants, c’était ton idée au départ.

–         J’avoue ! mais j’étais un peu perdu, vois-tu ! tu ne m’avais pas parlé de ta transformation.

–          Car, de mémoire d’Amariel, nul n’a jamais vécu assez vieux pour atteindre ce degré de conscience.

–         Dommage que tu sois aux confins de l’univers ! ton peuple adorerait une telle information : qu’en prélevant la totalité du fluide, il est possible d’atteindre une telle transformation.

–         Mon peuple est au courant, j’ai dormi pendant le sacrifice. Je ne voulais pas voir tout ce sang.  Et, en dormant, j’ai pu communiquer avec chacun des membres de mon peuple. Je leur ai donné l’information. Je peux aussi, avec mes nouveaux pouvoirs, déplacer cette planète. J’ai créé un nouvel Avalon rien que pour moi. Je vais quitter cette pièce de l’Arche, où j’ai trop longtemps vécu, et je vais aller vivre dans cette dimension.

–          Mais le lac ?

–          Il sera rempli toutes les nuits, n’aies crainte. Par contre, il faudra que tu raisonnes les futurs patriarches. Car une fois le fluide du jour utilisé, il faudra une nuit pour en reproduire.

–          Ce sera fait. Les savants se pencheront sur la quantité de pouvoir ainsi disponible quotidiennement. Je suppose que c’est la dernière fois que nous discutons ensemble ?

–          Non mon ami. A chaque fête du sauveur, je serais ici pour discuter avec toi et voir le bel arbre qui en sortira. Je vais aussi faire un cadeau à tes porteurs, et ralentir le temps en Avalon. Ainsi, tu mettras cent ans avant d’avoir à changer de porteurs.

–          Merci mon ami, et à la prochaine. »

Ainsi fut fait ! Et le second âge d’or s’ouvrit et devait durer longtemps. Mais lors d’une fête du sauveur, l’Amariel, qui avait encore accru son pouvoir, revint.

–          « J’ai fait un rêve ! un cauchemar plutôt : il y avait une boite, où étaient enfermés cent démons. Et de la boite, sortait un fluide noir, puis ce fut le chaos…

–          J’ai fait un autre rêve qui m’emplit d’effroi.  Dans le mien, une dame riait. Elle était devant le lac, avec une boite noire, et ce dernier était asséché.  La jeune reine a été bannie sans mon accord. Mon pouvoir décline … »

La fin de Sourtha approcherait elle ? »

 

 

 

 

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